Le "Banh khot" — ces petites coupelles de riz au lait de coco aux bords croustillants, surmontées d'une crevette vapeur — est originaire de Vung Tau, où les vendeurs les préparent depuis des générations dans des moules en fonte sur des braises. Saigon a adopté ce plat il y a des décennies et le propose désormais dans deux contextes très différents : les stands de rue avec tabourets en plastique, où l'on mange sur le pouce, et les restaurants où ces bouchées deviennent un repas long et convivial. Aucune de ces options n'est meilleure que l'autre ; ce sont simplement des expériences différentes.
Ce que vous mangez réellement
Chaque galette mesure environ 5 cm de diamètre. La pâte est composée de farine de riz, de lait de coco et de curcuma — c'est ce dernier qui leur donne leur couleur jaune. Le moule permet d'obtenir une base croustillante tandis que le cœur reste légèrement moelleux et fondant. Une crevette est déposée sur le dessus, parfois mi-cuite par la chaleur résiduelle, parfois parfaitement rose et ferme. On les déguste enveloppées dans des feuilles de moutarde (rau cai xanh) ou de périlla, parfois accompagnées de galettes de riz, le tout trempé dans le "nuoc cham" — le mélange classique de sauce poisson aigre-douce, souvent agrémenté de mangue ou de papaye verte râpée dans les meilleures adresses.
La différence entre un bon banh khot et un autre oubliable réside presque entièrement dans la proportion de lait de coco et la température de la plaque. Trop peu de lait de coco et la galette est sèche et fade. Une flamme trop faible et vous perdez le croustillant de la base, qui est pourtant l'essence même du plat.
Stands de rue : rapide, bon marché, sans chichis
La version de rue se consomme au petit-déjeuner ou en guise de collation en milieu d'après-midi, rarement au dîner. Vous vous asseyez sur un tabouret bas, commandez à l'assiette (dia), et le vendeur prépare la commande à la demande dans une poêle en fer noirci pouvant contenir de 7 à 12 moules à la fois. Il faut environ quatre minutes par fournée.
Banh Khot Co Ba Vung Tau, sur la rue Dinh Cong Trang dans le District 1, est l'option de rue la plus citée par les habitants du quartier. Une assiette de huit galettes coûte environ 40 000 à 50 000 VND. Le goût de coco est prononcé, la crevette est petite mais fraîche, et le nuoc cham est servi pré-mélangé dans un bol commun sur la table — ce qui en dit long sur l'ambiance. Ouvert approximativement de 7h à 11h, puis de 14h à 17h ; ils sont souvent en rupture de stock et ferment plus tôt la plupart du temps.
Dans un stand de rue, ce que vous sacrifiez, c'est la variété. Vous avez des banh khot, des herbes, de la sauce. C'est tout le menu. Pas de garniture aux haricots mungo, pas de variante aux crevettes séchées, pas de choix de protéines. Ce format épuré est aussi ce qui fait sa qualité : le vendeur a préparé exactement ce plat dix mille fois.

Photo par Tuan Vy sur Pexels
Restaurants : plus lent, plus complet
La version en restaurant traite le banh khot comme un plat principal plutôt que comme un en-cas. Les tables sont dressées avec une véritable assiette d'herbes — feuilles de moutarde, périlla, parfois fleur de bananier — ainsi que des galettes de riz pour rouler le tout, et du nuoc cham avec de la mangue verte râpée déjà incorporée. Vous commandez par étapes et les galettes arrivent brûlantes depuis la cuisine.
Banh Khot Goc Vu Sua, sur la rue Nguyen Sieu dans le District 1, est en activité depuis des années et maîtrise parfaitement le format restaurant. Les prix varient de 80 000 à 110 000 VND pour une assiette de dix, selon la garniture. Ils proposent une version avec une pâte de haricots mungo sous la crevette, ce qui ajoute une texture dense et légèrement sucrée très réussie. Ouvert de 10h à 21h. Attendez-vous à une courte attente à l'heure du déjeuner.
Le District 3 abrite Quan Banh Khot 46 sur Vo Thi Sau — une option un peu moins touristique, dans la même gamme de prix, avec des crevettes de meilleure qualité en moyenne et une clientèle plus locale et bruyante. Ils proposent également du "banh can", une variante apparentée de style Ninh Thuan garnie d'œuf, si vous souhaitez comparer.
Les restaurants s'accordent naturellement avec une "bia hoi" bien fraîche ou un "ca phe sua da" avant que le plat n'arrive. Le rythme ralentit, la table se garnit, et le repas cesse d'être une simple collation.

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Lequel choisir ?
Si vous avez 30 minutes et que vous voulez découvrir le plat dans sa forme la plus directe, trouvez un stand de rue le matin. L'absence de cérémonie est authentique — le banh khot n'a pas besoin de mise en scène.
Si vous mangez en groupe, que vous voulez des herbes, des galettes de riz et une sauce complète, ou que vous prévoyez d'en faire un vrai moment de détente, optez pour le restaurant. L'expérience est réellement différente, il ne s'agit pas juste du même plat avec des nappes.
Une chose ne change pas : mangez-les immédiatement. Un banh khot laissé à l'abandon pendant cinq minutes perd sa base croustillante et devient un disque mou et huileux. Les vendeurs le savent, c'est pourquoi les meilleurs préparent de petites fournées et surveillent le service.
Notes pratiques
La plupart des établissements de banh khot à Saigon ne prennent pas la carte bancaire — prévoyez de l'argent liquide en petites coupures. Les stands de rue ouvrent et ferment généralement en fonction de la rapidité avec laquelle ils écoulent leurs stocks, les horaires affichés ne sont donc que des indications approximatives. Si vous vous rendez à Vung Tau, le plat mérite également d'être goûté là-bas, où les portions sont plus généreuses et où les versions cuites au charbon de bois sont plus faciles à trouver.
Dernière mise à jour · May 26, 2026 · recherche indépendante, jamais sponsorisée.







