Vers 19h, n'importe quel soir de la semaine près de la rue Nha Tho, le trottoir se remplit plus vite que n'importe quel restaurant. Des rangées de tabourets bas en plastique font leur apparition, des verres de thé glacé s'embuent sous l'humidité, et personne ne semble pressé de partir.

C'est la culture du « tra chanh » — et si vous ne découvrez Hanoi qu'à travers ses adresses de pho et ses cafés, vous passez à côté de l'un des aspects les plus authentiques de la façon dont la ville se détend.

Qu'est-ce que le Tra Chanh au juste ?

Le tra chanh est un thé vert infusé, secoué ou versé sur de la glace pilée, agrémenté de jus de citron frais et de suffisamment de sucre pour inquiéter votre dentiste. Il coûte entre 10 000 et 20 000 VND le verre — parfois moins. Il n'y a pas d'histoire de boisson artisanale derrière tout cela. Personne ne parle de feuilles de thé d'origine unique ou de ratios d'infusion à froid. La boisson n'est qu'un prétexte ; l'essentiel est de s'asseoir ensemble.

Il partage un certain ADN avec le « ca phe sua da » dans le sens où ces deux boissons vietnamiennes sont autant construites autour d'un moment social que d'un profil de saveurs. Mais le tra chanh attire un public plus jeune et plus bruyant. Vous y trouverez des étudiants, des groupes de collègues après le travail et des couples qui ne savent plus trop quoi faire mais ne sont pas encore prêts à rentrer chez eux.

L'ambiance de la rue Nha Tho

Le tronçon de la rue Nha Tho qui va de la cathédrale Saint-Joseph vers Hang Trong est probablement le couloir de tra chanh le plus photographié de la ville, et pour cause. La façade coloniale française de la cathédrale offre un décor que les vendeurs exploitent discrètement depuis des décennies. Les stands s'installent dès 18h et restent ouverts jusqu'à minuit ou plus tard le week-end.

Ce qui fait le succès de Nha Tho comme lieu de rencontre, c'est sa densité. Sur à peine 200 mètres, une demi-douzaine de vendeurs de tra chanh se font concurrence sur les prix et le choix des collations, ce qui nous amène à ce qui compte presque autant que le thé lui-même.

Une vue de rue de la ville avec le Katinat Coffee & Tea House et des clients à l'extérieur.

Photo de Thien Phuoc Phuong sur Pexels

Huong Duong : le rituel des graines de tournesol

Les « huong duong » — graines de tournesol — sont l'accompagnement incontournable du tra chanh, et les manger est un art plus difficile qu'il n'y paraît. On casse la coquille avec les dents de devant, on extrait la graine, on jette la cosse sur le trottoir (ce qui est tout à fait acceptable ici) et on recommence pendant environ une heure et demie tout en discutant de tout et de rien. Les vendeurs proposent des petits sachets pour 5 000 à 10 000 VND.

Parmi les autres accompagnements courants, on trouve du calmar séché (muc kho), bonbons aux prunes salées et parfois une assiette de « goi cuon » achetée à un chariot voisin. L'économie des collations autour des spots de tra chanh constitue un véritable micro-écosystème.

D'autres adresses à connaître

Nha Tho attire les touristes, mais c'est loin d'être le seul quartier où se déroule ce rituel.

Les abords du lac Hoan Kiem

Les rues piétonnes autour de Hoan Kiem se transforment le week-end en un immense salon en plein air. Les vendeurs de tra chanh s'installent près de l'entrée du temple Ngoc Son et le long de Dinh Tien Hoang. Les prix y sont similaires, l'ambiance est plus mixte : des habitants, des touristes vietnamiens et quelques étrangers qui se sont éloignés de l'artère principale du Vieux Quartier.

Le lac Truc Bach

Moins fréquenté, plus résidentiel. Les vendeurs le long des quais de Truc Bach ont tendance à rester ouverts plus tard et à attirer une clientèle un peu plus âgée. C'est plus calme, ce qui peut vous plaire ou non.

Les ruelles du Vieux Quartier

Ma May, Hang Bac et les ruelles perpendiculaires à Luong Ngoc Quyen abritent toutes des installations informelles de tra chanh — souvent une simple marchande avec un thermos, une glacière et quatre tabourets. Ce ne sont pas les endroits les plus pittoresques, mais ce sont les plus locaux. Ils valent le détour.

Magnifique façade de cathédrale illuminée sous le ciel nocturne, se reflétant dans une flaque d'eau.

Photo de thuy le sur Pexels

Comment se déroule la soirée

Une session de tra chanh suit un rythme informel que les nouveaux venus ne saisissent pas toujours immédiatement. Vous arrivez, vous vous appropriez vos tabourets, et quelqu'un prend votre commande en une trentaine de secondes. Les verres sont généralement resservis automatiquement, sauf si vous faites signe du contraire. Personne ne vous presse. Le modèle économique du vendeur repose sur le volume et la rotation, mais le contrat social tacite veut que vous restiez aussi longtemps que vous le souhaitez.

La conversation est l'activité principale. La culture du café vietnamien (베트남 커피 / 越南咖啡 / ベトナムコーヒー) — en particulier celle des salons de café — tend vers une consommation individuelle, même en groupe. Le tra chanh est plus communautaire. Les verres sont petits, se vident rapidement, et le bol partagé de huong duong occupe les mains pendant les silences.

Si vous visitez Hanoi (하노이 / 河内 / ハノイ) et que vous cherchez un moyen économique et sans pression de passer une soirée sans aucune planification, c'est l'option idéale. Installez-vous près de Nha Tho vers 19h30, commandez en montrant du doigt si votre vietnamien n'est pas encore au point, et laissez passer une heure. La ville fera le reste.

Infos pratiques

La plupart des vendeurs de tra chanh n'acceptent que les espèces ; gardez de petites coupures (billets de 5 000 et 10 000 VND) à portée de main. La boisson elle-même est inoffensive, mais les glaçons proviennent de la rue — si vous avez l'estomac sensible, demandez-la sans glaçons (khong da). Les soirées les plus animées s'étendent du jeudi au dimanche ; le lundi et le mardi, l'affluence diminue considérablement.

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Dernière mise à jour · May 26, 2026 · recherche indépendante, jamais sponsorisée.