Can Tho ne propose pas de brunch à la manière de Saigon — vous n'y trouverez pas de file d'attente devant un café servant du pain au levain, ni de matcha latte sur une table en bois recyclé. Ce qu'elle offre est bien meilleur : une culture de fin de matinée lente et décontractée, rythmée par la brise du fleuve, un café corsé et des plats qui vous calent pour la journée.
La tradition : un petit-déjeuner vietnamien qui tient jusqu'au dîner
Si vous voulez manger comme les habitants, commencez par la rue Hai Ba Trung, ou ses environs, qui longe le fleuve Hau. C'est ici que le chevauchement entre petit-déjeuner et brunch existe depuis toujours, non par concept, mais par habitude.
Cherchez les stands de "hu tieu" qui ouvrent vers 6h du matin et servent jusqu'à épuisement du stock — généralement vers 10h ou 11h. Le Hu tieu Nam Vang, cette soupe de nouilles au porc façon Phnom Penh avec son bouillon clair et sa touche d'échalotes frites, est la réponse du delta du Mékong au "pho" du Nord. Un bol coûte entre 35 000 et 50 000 VND et constitue un repas complet à mi-chemin entre le petit-déjeuner et le déjeuner. Les stands n'ont pas d'enseignes : fiez-vous aux petits tabourets en plastique et à la foule de chauffeurs de moto qui savent où aller.
À quelques rues dans les terres, de petites boutiques vendent des "banh cuon" — des rouleaux de riz à la vapeur farcis au porc haché et aux champignons noirs, servis avec du nuoc cham et une tranche de cha lua (saucisse de porc vietnamienne). C'est assez léger pour en manger deux fois. Comptez environ 30 000 à 40 000 VND.
Hybrides café-boulangerie : le repaire des lève-tard
Can Tho possède une scène de cafés discrète et de qualité, rarement mentionnée car elle n'est pas aussi "instagrammable" que celle de Hoi An. Les meilleures adresses sont celles qui ont évolué pour devenir un mélange entre boulangerie de quartier et lieu de brunch.
La Bakery 168, sur la rue Nguyen An Ninh, en est un bon exemple. Elle existe depuis assez longtemps pour que les locaux la considèrent comme une institution. Les baguettes y sont vraiment croustillantes — le delta du Mékong a conservé un héritage de boulangerie française qui a survécu à la période coloniale — et les tartes aux œufs sont épuisées avant 10h le week-end. Prenez un "ca phe sua da" et quelques pâtisseries pour moins de 60 000 VND au total, et vous comprendrez pourquoi les tables sont pleines dès 8h30.
Pour une ambiance plus végétale, la Maison de Campagne, près du quai Ninh Kieu, a transformé une maison de ville au bord de l'eau en un café proposant de véritables espressos aux côtés du café filtre vietnamien. L'endroit attire un mélange de jeunes professionnels de Can Tho et de visiteurs étrangers égarés après une excursion au marché flottant. Le banh mi servi ici — garni de pâté, de concombre et de daikon mariné — coûte entre 25 000 et 35 000 VND et dépasse largement toutes les attentes.

Photo par Nhẫn Nguyễn sur Pexels
Les adresses éphémères du week-end
Le samedi et le dimanche matin, un petit groupe de vendeurs s'installe le long de la rue Ngo Quyen, près du quartier universitaire, pour proposer des "banh xeo" à partir de 8h environ. La version de Can Tho — cette crêpe de riz croustillante farcie aux crevettes, au porc et aux pousses de soja — est plus croustillante et généralement plus grande que celle de Saigon. On la déguste enveloppée dans des feuilles de moutarde et du papier de riz, trempée dans une sauce de poisson un peu plus sucrée que dans le Nord. Les assiettes commencent à 40 000 VND. Tout disparaît à midi.
Il existe également un petit marché couvert près de la rue Phan Dinh Phung où quelques femmes âgées préparent du "bun rieu" — une soupe de nouilles au crabe et à la tomate — uniquement les week-ends matin. Le bouillon est acidulé, d'une couleur rouille, et les portions sont généreuses, comme c'est souvent le cas dans les lieux qui ne servent que le week-end. Un détour qui en vaut la peine si vous êtes dans le quartier.

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Le coin des expatriés
Can Tho abrite une petite communauté d'expatriés bien installée — enseignants, travailleurs d'ONG, personnes venues pour six mois et restées six ans. Leurs préférences en matière de brunch ont discrètement façonné quelques adresses près de l'université et autour de la rue Ngo Gia Tu, prisée des routards.
Le café du rez-de-chaussée du Nam Bo Boutique Hotel est ouvert aux clients extérieurs et propose un menu de brunch aux influences occidentales ainsi que des options vietnamiennes. Ce n'est pas bon marché selon les standards locaux — comptez 80 000 à 120 000 VND pour des œufs et des toasts — mais le café est excellent, la climatisation fonctionne, et vous pouvez rester deux heures sans que personne ne vous presse. Certains matins, on y croise surtout des locaux sur leur ordinateur ; d'autres, des enseignants qui récupèrent de leur vendredi soir. Dans tous les cas, l'ambiance est calme.
Pour quelque chose de moins "hôtel", le Cafe Sông Xanh ("Café Rivière Bleue"), près du front de mer de Ninh Kieu, attire une clientèle variée avec son "café vietnamien" et son menu simple. Le café aux œufs — "ca phe trung" — n'est pas présent partout dans le Sud, mais cette adresse en propose une version qui mérite d'être goûtée : dense, légèrement sucrée, à savourer lentement.
Notes pratiques
La plupart des meilleurs repas de fin de matinée à Can Tho se prennent entre 7h30 et 11h — après cela, la chaleur s'installe et les meilleurs plats disparaissent. Les week-ends matin, le quai Ninh Kieu est très fréquenté par les touristes vietnamiens venant de Saigon (à environ 170 km au nord-est), alors arrivez tôt si vous voulez une table au bord de l'eau sans la foule. L'argent liquide est la norme partout ; la plupart des stands et petits cafés n'acceptent pas les cartes bancaires.
Dernière mise à jour · May 29, 2026 · recherche indépendante, jamais sponsorisée.








