Le Têt est la plus grande fête du Vietnam (베트남 / 越南 / ベトナム), et la nourriture qui l'accompagne est tout aussi pensée que ses préparatifs : chaque plat a sa raison d'être, des jours de cuisson lente précédant le Nouvel An aux restes froids consommés le troisième jour.

La pièce maîtresse : le Banh Chung et le Banh Tet

Le « Banh chung » est le plat auquel la plupart des gens pensent en premier. Il s'agit d'un pavé carré de riz gluant garni de pâte de haricots mungo et de porc gras, enveloppé hermétiquement dans des feuilles de dong et bouilli pendant huit à dix heures. Sa forme carrée est intentionnelle : elle représente la Terre dans la cosmologie vietnamienne ancienne. Dans le nord, c'est le plat emblématique du Têt. Les familles les préparent ensemble dans les jours précédant le Nouvel An, veillant autour du feu toute la nuit pour surveiller la marmite. On peut en acheter sur les marchés pour environ 40 000 à 80 000 VND l'unité, mais ceux faits maison sont presque toujours meilleurs.

Dans les régions du centre et du sud, l'équivalent est le « banh tet (뗏 (베트남 설날) / 越南春节 / テト (ベトナム旧正月)) » — le concept de garniture est le même, mais il est cylindrique et enveloppé dans des feuilles de bananier plutôt que de dong. Cette forme relève purement de la tradition régionale et n'apporte pas de réelle différence de goût, même si les habitants du sud affirmeront le contraire. Les deux gâteaux sont coupés en tranches épaisses et consommés froids ou poêlés jusqu'à ce que la croûte de riz devienne croustillante. La version poêlée est sans conteste la meilleure option.

Le Gio : la charcuterie de la table de fête

Le « Gio » désigne le saucisson de porc vietnamien, et il se décline sous plusieurs formes pendant le Têt. Le Gio lua — de la pâte de porc cuite à la vapeur et enveloppée dans des feuilles de bananier — est le grand classique, avec sa texture lisse et ferme qui se découpe proprement pour accompagner un morceau de banh chung (반쯩 / 粽子 / バインチュン). Le Gio bo (au bœuf) et le cha que (roulé de porc à la cannelle) sont des variantes courantes. Dans le nord, un assortiment complet du Têt comprendra au moins deux ou trois variétés présentées sur un même plateau. Le Gio est préparé des semaines à l'avance et se conserve très bien, ce qui fait partie de la logique de la fête : pendant le Têt, les fourneaux se reposent pendant quelques jours, tout ce qui est sur la table doit donc pouvoir se conserver.

Le Mut : le plateau de douceurs toujours rempli

Le « Mut » est le terme générique pour désigner les fruits confits et séchés offerts aux invités tout au long des festivités. Le plateau de mut — une boîte laquée divisée en compartiments — est l'un des signes visuels les plus évidents que le Têt est arrivé. On y trouve généralement du mut gung (gingembre confit, piquant et sucré), du mut dua (lamelles de noix de coco confites), du mut hat sen (graines de lotus confites) et du mut khoai lang (patate douce confite). Chacun est associé à un vœu : le gingembre pour la chaleur, les graines de lotus pour la fertilité et le succès. En pratique, les invités piochent ce qu'ils préfèrent et le plateau est rechargé quotidiennement.

Un somptueux festin pour la célébration du Têt à Ben Tre, au Vietnam, mettant en valeur la cuisine vietnamienne traditionnelle.

Photo de Nguyen Truong Khang sur Pexels

Le Hat Dua et les encas pour les longues visites

Les « Hat dua » — des graines de pastèque grillées — sont décortiquées et grignotées pendant que l'on discute, joue aux cartes et attend entre les repas. On trouve aussi des graines de courge et de tournesol, mais les graines de pastèque restent la référence absolue du Têt. Il existe une technique bien précise pour les casser avec les dents qui demande un certain entraînement ; voir quelqu'un galérer à les ouvrir est un moyen infaillible de savoir qu'il n'a pas grandi avec cette fête. Les sachets de hat dua se vendent entre 30 000 et 60 000 VND et disparaissent à toute vitesse.

Les plats de fête

Au-delà des aliments conservés et emballés, un véritable repas du Têt comprend plusieurs plats cuisinés qui varient selon les régions.

Dans le Nord

La table du Têt dans le nord comprend généralement du « bun thang » — une délicate soupe de vermicelles de riz avec du poulet effiloché, du gio lua et des crevettes séchées — bien qu'il s'agisse plutôt d'un plat d'après-Têt, consommé une fois que l'agitation retombe. Les éléments les plus centraux du festin sont le canh mang (soupe de pousses de bambou), le thit dong (porc en gelée) et le ga luoc (poulet bouilli), l'oiseau étant présenté entier avec la tête, symbole de plénitude.

Dans le Centre

La cuisine du Têt à la mode de Hue penche vers des préparations plus complexes. Le « Bun bo Hue » ne disparaît pas de la table sous prétexte que c'est la fête — au contraire, il est préparé avec encore plus de soin. Le Nem chua (rouleaux de porc fermenté) est un incontournable du Têt dans le centre du Vietnam : acide, aillé, enveloppé dans une feuille de bananier et dégusté avec du piment frais. Les marchés de Hue les vendent en paquets dans les jours précédant le Nouvel An.

Dans le Sud

Le buffet du Têt dans le sud est généralement plus varié et plus souple vis-à-vis des traditions strictes. Le canh kho qua (soupe de margose/melon amer farcie au porc) est un incontournable du sud — le nom « kho qua » signifie « la douleur passe », ce qui en fait un sujet de conversation délibérément optimiste à table. Le thit kho tau (porc et œufs mijotés dans de l'eau de coco) est un autre classique du sud, cuit lentement jusqu'à ce que les œufs prennent une couleur brun foncé et que le porc soit fondant. On le mange avec du banh tet pendant les premiers jours des festivités.

Deux femmes vietnamiennes en áo dài traditionnel éclatant au milieu d'un étalage de fruits colorés.

Photo de Hưng Hoàng sur Pexels

Que boit-on ?

Traditionnellement, la réponse est la bia hoi (비아호이 / 鲜啤 / ビアホイ) pour les hommes, et le thé au lotus ou le tra atiso (thé d'artichaut) pour tous les autres, servis dans de petites tasses constamment remplies. Le rau mu tro (thé d'armoise) et diverses tisanes sont courants dans les foyers du nord. Les fêtes autorisent également une certaine consommation de ruou can (vin de riz bu à l'aide de chalumeaux communautaires) dans les hauts plateaux, bien que dans les villes, il s'agisse plutôt de ce que la famille a acheté chez le caviste.

Infos pratiques

Si vous êtes au Vietnam pendant le Têt, attendez-vous à ce que les restaurants ferment pendant trois à cinq jours — parfois plus longtemps dans les petites villes. Faites le plein de banh chung, de mut et d'encas avant le début des festivités. Les supermarchés et les marchés traditionnels vendent des coffrets gourmands du Têt (hop qua Tet) prêts à offrir, ce qui constitue un cadeau pratique et très apprécié si vous rendez visite à une famille vietnamienne pendant les fêtes.

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Dernière mise à jour · May 29, 2026 · recherche indépendante, jamais sponsorisée.